Réponse à Sylvain Cypel quant aux 300 mots de vocabulaire de Trump

(Illustration: « Does he seems like the devil? Oh, yeah, indeed… But who painted him? »)

If you don’t read the newspaper, you’re uninformed. If you read the newspaper, you’re mis-informed. Marc Twain

L’objectivité de la presse française n’est plus. Dans le cadre de l’exercice journalistique il y a, certes, le droit au positionnement et à l’expression d’opinion, mais il y a avant tout un devoir élémentaire de rapport des événements. Or quand on souhaite s’informer de ce que M. Trump a dit lors de sa première conférence de presse, l’opinion passe devant le rapport et on est forcé de sortir du giron français pour s’informer.

Les journalistes ont tellement perdu le sens de l’investigation qu’ils en viennent à s’interviewer entre eux. Ce matin, Sylvain Cypel était au micro de France Info, et « informait » le citoyen que Trump donnait l’impression d’ « avoir 300 mots de vocabulaire »…

« Il répète toujours les mêmes mots, tout est toujours forcément outrancier », « il n’a à peu près rien annoncé ». Ah. Après lecture de la retranscription de la conférence du bientôt président américain, on se demande si M. Cypel a bien écouté la même conférence.

Pour ce qui est de ses impressions, nous nous sommes attelés à faire un comparatif lexical entre cette conférence et celle tenue par le Président Obama le 20 novembre dernier à Lima : il ressort que Trump a prononcé 6123 mots dont 1019 distincts lors de sa conférence, lorsqu’Obama avait prononcé 5280 mots dont 1354 distinct. En moyenne donc, pour 10 mots prononcés, Trump fait usage de 1,6 mots distincts, quand Obama est à 2,5.

Donc si Trump a 300 mots de vocabulaire, Obama en a 300,9.

Petit avantage d’Obama donc, mais il convient de lire les deux conférences dans leur intégralité pour constater que les questions posées à Trump imposent souvent de se répéter (l’ « affaire » russe, liens avec la Russie, etc.), quand Obama a le loisir de virevolter d’un sujet à l’autre face à une grande déférence journalistique.

Quoi que l’on pense du personnage Trump, l’attitude de la presse française est dans sa quasi-unanimité navrante, en ce qu’elle s’enferme dans une grossièreté de propagande qui lui ôte toute forme de crédibilité. Pour l’instant.

Nous tenterons de revenir au cours des prochains jours sur le fond de la première conférence de presse du président Trump; au regard du nombre de nos lecteurs, si le temps nous faisait défaut, que le petit effectif de ceux qui ont la courtoisie de nous lire n’hésite pas à détricoter de lui-même les fondements de cette conférence. Pour notre part, elle nous semble digne de lecture et d’enseignement; contrairement à Cypel, on y trouve une matière utile à la compréhension des mois à venir tels qu’ils devraient se dérouler.

A cet effet, qu’ils n’hésitent pas à partager nos réflexions et le document d’étude joint à celles-ci.

Consulter l’étude lexicométrique des conférences de presse Obama-Trump en détail :

trump_obama_etude_lexico


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