Du sang et de la merde

« Ici est toujours l’odeur de sang : tous les parfums de l’Arabie
n’adouciraient pas cette petite main. Oh ! Oh ! Oh ! »

Macbeth, Acte V, scène 1

Depuis que nous sommes Charlie, il respire au Royaume de France comme un parfum de guerre civile. A se demander si le gouvernement socialiste n’est pas un habitué de la harangue endopolémique, lorsqu’on se souvient de la précédente mode du « pour tous » (mariage, manif… Déclinés par la suite par les publicitaires et les journalistes en un marketting pourtoussiste propre à vendre de la lessive ou des magazines, voire même des idéologies sociétales incarnées par des gusses pas banaux, type femme à barbe cantatrice à gueule de Christ) : tous étaient contre tous et chacun était le diable d’autrui, pédés maçonniques novordomondialistes contre fascistes catholiques populistes homophobes stéréotypistes. Et pendant que la mode du « pour tous » avait cours, on s’écharpait dans les rues et le gouvernement prenait le soin – pas très conforme à sa mission de maintien de l’ordre social –  de jeter chaque jour un peu d’huile sur le feu, comme pour canaliser les griefs sur une piñata en forme de sexe, pendant que les décisions politiques sérieuses, économiques, sociales, nationales, internationales, se prenaient sans trop de lutte.

Mariage pour tous, manif pour tous… Suivant la mode, Hollande, Fabius et toute la clique avaient décrété la Guerre pour tous. Les gays défendaient leur « droit » à contractualiser leur union, les gens de l’autre bord soutenaient mordicus que ce contrat-ci émanait de la Loi naturelle à laquelle la République était censée se conformer… La question méritait, elle le mérite toujours, un débat de fond. Elle ne l’a jamais eu. On finira par y revenir : ce n’est pas la loi qui impose le bon sens, au grand dam des idiots devenus princes. La question donc, attirait tous les esprits qui devaient lutter « pour » ou « contre », leur âme étant consciente et troublée par cette certitude inepte que la loi fait le bon sens.

Pendant ce temps, le gouvernement socialiste a bandé les muscles face à la Russie et face à la Syrie.  Il a calomnié hors de frontières un régime que l’on accusait de « brûler les pieds des insurgés dans les hôpitaux » (authentique), d’ « user d’armes chimiques » (authentiquement démenti) à l’encontre de son peuple, ce peuple qui venait d’ailleurs et que le gouvernement socialiste a financé pour abattre un homme qui ne méritait pas, paraît-il, « d’être sur cette terre »… Sinistre propos de la part d’un Ministre des Affaires Étrangères, à qui l’exercice conseille généralement, surtout lorsqu’il vient d’un pays où un Talleyrand ou un De Villepin l’ont précédé, tout le tact diplomatique des puissances véritables. Surtout quand on a connu soi-même – souvenez-vous, Monsieur Fabius –, les souhaits de mort pour une affaire qui n’était pas vraiment de notre fait. Le sang, Fabius, le sang impur, cela vous connaît. Qu’êtes-vous allé cautionner des hordes qataries plus pleines de drogue que de foi, dans leur quête de sang innocent à faire couler le long de leurs coutelas ? Le sang ne vous avait-il pas assez retourné le cœur, Fabius ?

Et vous, Hollande ? Quand je vous ai vu devant les locaux de Charlie, quelques minutes après la fusillade, j’ai lu dans vos yeux. Quel lâche magnifique vous faites. Quand toute la France devrait d’une seule voix marcher contre vous et votre irresponsabilité totale dans les financements évoqués plus haut, quand l’épée lucide de la conscience trancherait si facilement le nœud que vous fîtes en versant un sang innocent hors de nos frontières, en vue de vous conformer à un plan ourdi par d’autres puissances qui convoitent les « terres du milieu », carrefour géostratégique de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie : d’où que venaient les assassins, vous saviez en conscience qu’ils étaient votre fruit. Le courage et l’honneur devait vous mener à la démission : vous avez préféré diviser pour régner, terroriser nos fils et nos compagnes, nos compatriotes juifs et musulmans, fédérer autour de l’indignation galvanisée, gonflée tant et tant que la générosité qui était à sa source s’est tarie en orgueil déraisonnable. Vous avez craint la réconciliation véritable, l’honneur véritable. Au fond, peut-être même avez-vous craint pour votre vie et votre liberté : brandissant le fanion de la terreur, vous, petit gros sans forme, vous êtes transformé en dictateur, vous êtes gonflé pour devenir aussi grand que le bœuf, pour que le Peuple qui devait marcher contre vous marche derrière vous.

Frottez, Hollande, frottez : le sang de ces pauvres griffonneurs sans talent à qui on ne pouvait souhaiter, au pire, qu’un coup de pied au cul, leur sang est collé à vos mains pour toujours. La colombe de l’Histoire était là pour vous le rappeler, elle qui, tandis que vous marchiez d’un pas conquérant, a chié sur votre épaule de couard[1]… La fiente précédant les oubliettes !

Note au 17/08 : ce pamphlet, écrit au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, n’a pas perdu de son actualité. Seuls quelques noms, peut-être, mériteraient d’être ajoutés dans la dénonciation de l’indigence pour que la postérité ne les oublie pas. Mais quelque part, sont-ce les marionnettes qu’il faut détester ou bien ce décor inepte, qui se prétend République, mais qui n’est que le prodrome au monde qui vient ?

[1] http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Un-pigeon-chie-sur-Francois-Hollande-le-fou-rire-de-l-equipe-de-Charlie-Hebdo-712074


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