Où l’on propose des outils de réflexion vis-à-vis du politique, différents des « montesquieuseries » ordinairement servies aux repas de l’âme des banquets républicains.

(Photographie: le majestueux Machu Picchu. Oh, la belle ville.)

« Adam vero cognovit uxorem suam Hevam, quae concepit et peperit Cain, dicens : Possedi hominem per Deum. Rursumque peperit fratrem ejus Abel. Fuit autem Abel pastor ovium, et Cain agricola. » (Gn, IV, 1-2)

Nous ne savons trop si l’on enseigne toujours aux petits enfants de France que « tout bon flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » ; mais plus on avance comme on avance, plus il deviendra sans doute prudent de ne pas en parler. Le régime actuel ne survit que par cet effet, rendant nulle toute perspective politique véritable en insufflant toujours plus d’orgueil dans le cœur des gens ; « cette leçon vaut bien un fromage », sans doute, mais peut-être pas l’éradication du genre humain.

Les chantres du « moins pire des régimes » croient avoir résolu l’essentiel en enseignant que la bonne politique est celle qui entretient la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Montesquieuseries, disions-nous, qui passent outre des réalités du pouvoir bien plus fondamentales ou, pour mieux exprimer la chose, bien plus fondatrices. Vidés de leur substance, les principes sont durs et bons à jeter ; ce ne sont plus que des os sans moelle. Pensez-y comme vous pourriez penser la valeur d’un Osso Bucco : le plat semble solide de prime abord. Vous tapez de la pointe de votre couteau et votre lame rebondit sur une surface aussi dure que vos dents. Voulez-vous croquer que votre hôte, bienveillant, vous avertit : « Prends garde, convive, ce n’est point l’os que je te donne à manger, c’est la moelle à l’intérieur ! » Ainsi êtes-vous en mesure de vous régaler : vous prenez l’os à pleine main et vous aspirez.

À la fin du repas, l’os est jeté aux chiens.

Que penser d’un hôte qui servirait un os sans moelle ? Ecce Republica. Le mot érigé en système, sonne creux autant que l’os ; on en a préservé la forme tout en en chassant l’essentiel.

République, que l’on souhaite opposer à Monarchie et Aristocratie ; République, socle de la Démocratie ; République, état de droit et de liberté… Tous ces mots sont des os. On se doit d’affirmer avec James M. Blythe que « rarement, sinon jamais, y eut-il de gouvernement absolu en pratique »[1] et ôter le « rarement », qui n’est là que pour le rythme de la phrase. Voilà quelque chose que bon nombre de gens ignorent et qu’il serait bon d’enseigner.

Au sujet de la Polis

La Polis, fondement du politique, c’est le projet de l’unité sociale maximale, tendant à ordonner le genre humain dans son indéfinité numérique. Dans cette perspective, l’unité prévalant sur le nombre et le nombre constituant l’unité, le politique doit être défini comme l’Art de maîtriser la coexistence et l’interaction des unités numériques dans le cadre d’une extension par analogie de l’unité initiale, à savoir la Personne Humaine.

Établi sur cette définition primordiale que l’on priera de lire autant de fois que nécessaire, on doit ajouter que si la Personne est bien l’échelle, la règle première du politique, le fondement de cet Art est de reconstituer cette échelle dans le cadre pluripersonnel, autrement dit le domaine social.

Une bonne société ne se forme que dans la mesure où, sur un panel allant du conscient à l’inconscient, la Personne s’enjoint au corps dans lequel elle plonge comme en elle-même, la communauté à laquelle elle appartient n’étant plus complètement objet extérieur, mais une sorte d’alter-sui où l’indéfinité numérique des personnes la constituant est reconnaissable, constituant à l’extérieur un ordre semblable à celui qui l’anime à l’intérieur.

Pérorer sur l’œuf et la poule en se demandant qui, mon beau miroir, fait l’autre, s’est poser une question inutile, considérant, d’une part, qu’elle n’a aucune réponse définitive et, d’autre part, que l’absence de réponse définitive est justifiée par les définitions ci-avant posées : l’Homme naît en Polis et Polis est en l’Homme.

Polis, c’est aussi – et surtout – la Ville en Grec, l’Urbs romaine, et ce n’est pas un hasard. Contrairement à l’idée répandue, la prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde : pour qu’elle existât, il fallut d’abord des trottoirs. Ville, reflet du politique ou, plus véritablement, SYMBOLE et principe du politique, explicite la raison pour laquelle la politique est une activité humaine nécessaire. Qu’on y pense, on ne s’est pas mis à construire côte-à-côte des maisons, parsemées de temples et d’hôtels (de ville, cela s’entend), par esprit de superficialité et pour que cette perspective aboutisse au Manhattanisme[2] : la ville est le plus vieux métier du monde. Entendez : aussi loin que l’on cherchera l’Homme dans le temps, on y trouvera la ville, pour autant qu’on réfléchisse profondément à ce qui va suivre.

A contrario des mensonges modernes, la Polis doit se penser au-delà de la question de la survie. On n’a pas bâti la ville par opposition à la Nature : on l’a fait par extension. L’Homme a fait la ville comme l’abeille fait la ruche et la Ville, plus, bien plus que le rire, est le propre de l’Homme. Il faut sortir du mythe de l’évolutionnisme urbanistique : le village ne la précède pas, et elle représente bien plus qu’un développement lié à la concentration accidentelle de gens en une même terre. Rome ne s’est pas faite en se fondant sur des nécessités arbitraires, mais en fonction d’une connaissance humaine intégrale où Romulus, traçant le Pomœrium, marquait pour les siècles à venir la terre d’un sceau baptismal qui la révèlerait à elle-même et à l’Homme, son Père fondateur :

« Romulus, resté seul maître, la ville nouvelle prit le nom de son fondateur. Le mont Palatin, sur lequel il avait été élevé, fut le premier endroit qu’il eut soin de fortifier. Dans tous les sacrifices qu’il offrit aux dieux, il suivit le rite albain; pour Hercule seulement, il suivit le rite grec tel qu’Évandre l’avait institué. […] Cependant la ville s’agrandissait, et son enceinte s’élargissait chaque jour, mesurée plutôt sur ses espérances de population future que sur les besoins de sa population actuelle. Mais pour donner quelque réalité à cette grandeur, Romulus, fidèle à cette vieille politique des fondateurs de villes qui publiaient que la terre leur avait enfanté des habitants, ouvre un asile dans ce lieu fermé aujourd’hui par une palissade qui se trouve à la descente du Capitole, entre les deux bois. [3]»

Les villes véritables ne sont ni « historiques », ni « génériques »[4] ou plutôt, elles sont de l’un et l’autre aspect et plus encore, « symboliques » si l’on veut, mais au sens complet de ce mot; elles ne sont point des créations, mais en fait, des découvertes, au même titre qu’un vaccin ou un théorème. Ainsi, ailleurs :

« Lorsque toute la nation eut achevé de traverser le Jourdain, Yahvé parla à Josué et lui dit :  » Choisissez-vous douze hommes parmi le peuple, un homme par tribu, et donnez-leur cet ordre : « Enlevez d’ici, du milieu du Jourdain, là où se sont posés les pieds des prêtres, douze pierres que vous emporterez avec vous et déposerez au bivouac où vous passerez la nuit. […] Alors Yahvé dit à Josué :  » Aujourd’hui j’ai ôté de dessus vous le déshonneur de l’Égypte.  » Aussi a-t-on appelé ce lieu du nom de Gilgal jusqu’aujourd’hui.  » »[5]

 Josué dresse le gilgal sur la rive du Jourdain, il n’invente rien, ne crée rien: il découvre seulement ce qui jusqu’alors demeurait caché, un lieu que les arbres et l’illusion générique avaient recouvert d’une plaine sans pierre, sans frontière, et qui pourtant est revêtu d’un cercle de douze roches devant l’Eternité. Josué ne fonde rien, il rétablit le décor[6]; Romulus n’a pas inventé Rome, il l’a découverte.

Pourquoi la ville?

On a fait la ville parce que la vie rustique et la vie nomade, celle des agriculteurs et des pasteurs des premiers temps de l’Histoire, étaient bien incapables de formuler la synthèse de la Règle humaine. Les Peuples de la Terre avaient besoin de rencontrer les Peuples du Ciel ; les uns, regard sur le sol, avaient développé un code propre au rythme des saisons, à la progression et à la domination sédentaire quand les autres, suivant des yeux le trajet des choses en mouvement hors du monde, le soleil et les étoiles, avaient constitué une société humaine régie par un autre mouvement, et se mouvaient parmi les Peuples de la Terre.

Vinrent des hommes pétris de sagesse ; nous ne savons pas vraiment ce qu’ils furent, mais ils vécurent à la croisée des deux univers humains et eurent la sagacité de considérer, conformément aux deux règles rustique et nomade, que le genre humain était un aux origines, et que les règles devaient s’enchevêtrer pour donner à chacun la mesure de ce qu’il était. Ils dirent aux Peuples de la Terre : « Nous allons fonder l’assise symbolique qui vous enjoindra de connaître le Ciel », puis aux Peuples du Ciel : « Ce que vous avez vu dans le Ciel, nous allons le rendre visible sur Terre »… Ainsi naquit la Ville. Lao Tseu parla ainsi dans la grande Chine, Abraham dans le désert Égyptien; les Druides de Celtie, qui découvrirent Paris et les cent Alésia; les Etrusques non loin, et leurs haruspices enseignant les Fils de la Louve.

Le projet inspira tous les peuples, qui entreprirent de La  bâtir pour que tous soient un. Aucun n’y parvint. Mais l’échec était inadmissible ; pour la même raison que l’abeille ne peut vivre sans ruche, l’Homme a besoin de la Ville sans laquelle, issu d’une règle fragmentaire, il demeure dans une dualité intérieure qui l’empêche de progresser et de vivre toute la mesure de son être. L’être humain est orphelin de Polis : il n’aura cesse de la bâtir à nouveau.

Ce n’est pas de la manière dont il faut bâtir des villes que nous évoquons, mais des motifs supérieurs de leur fondation, et de leurs raisons intrinsèques. Sur ce plan, Vitruve n’est pas une source plus sûre que nos auteurs modernes, qui abordent la chose d’un point de vue strictement empirique et sans la moindre culture « sacrée » qui, pourtant, affleure à ces questions d’une manière proprement littérale et qui, d’un point de vue architectural, dépasse la seule affaire des édifices religieux. En fait, on peut dire que cette Science de la Polis a disparu peu à peu au profit d’un urbanisme purement pratique, d’où on ne doit pas conclure que les conditions qui précédaient à la fondation d’une Ville ignoraient cet aspect-ci. Aux considérations présentes dans le De Architectura[7], semble répondre la Sagesse fondatrice de Rome, que nous rappelle Hygin[8] dans son De Limitibus Constituendis :

« Parmi tous les rites des mesures, la constitution des limites est, selon la tradition, la plus éminente. Elle a en effet une origine céleste et une continuité perpétuelle, un plan maniable pour ceux qui divisent, une belle allure de forme, une plaisante délimitation des champs. Les limites ne sont pas établies sans tenir compte du monde, puisque les decimani sont tracés selon la course du soleil, les kardines selon l’axe du pôle. Ce type de mesure a sa première origine chez les haruspices étrusques ; ceux-ci ont divisé le cercle des terres selon la course du soleil, appelant droite celle qui était placée sous le septentrion, gauche, celle qui était au midi de la terre, de l’orient au couchant, parce que là tendent le soleil et la lune. Ils menèrent une autre ligne du sud au nord et appelèrent, par rapport à la ligne médiane, antica ce qui était au-delà, postica ce qui était en-deçà. De là vient qu’on applique la même disposition aux temples. [9]»

Il n’est pas invraisemblable de considérer, d’ailleurs, que cette Sagesse ait continué à se transmettre au fil des temps[10].

De fait l’objet ville, s’il n’est jamais parvenu complètement à opérer la synthèse du projet Ville, a du moins projeté sur la Terre une promesse de l’ordre du possible en unifiant, plus que des pôles, des terres entières par le biais du projet national. Nous y reviendrons.

Toujours de fait, le projet ville est mû par le politique, le premier étant la fin véritable du second. On a évoqué à ce sujet la synthèse de la Règle humaine : le projet ville est intimement lié au principe de Loi. La même étincelle inspira les peuples de toutes les contrées : du Tao à la Torah, des Livres d’Egypte aux Védas, les fondements civilisateurs, souvent analysés avec force de préjugés par le chaland, bien qu’évoquant une perspective transcendante, métaphysique, relèvent des piliers fondateurs de l’intelligence humaine dans toutes ses dimensions, bâtie sur la double inspiration du « dehors l’Homme » et du « dedans l’Homme », travaillant à rassembler les effets afin de fonder pour l’Homme un cadre d’environnement à sa ressemblance. Dans tous les recoins de la Terre se sont tracés des croix, des cercles, des carrés, enjoints les uns dans les autres et transcendant l’espace en un ordre tout encore emprunt de mystère qui est celui de l’Homme[11].

La Loi, qu’on l’envisage d’origine empirique ou immanente, constitue dans les deux cas l’œuvre de Ville par excellence ; la Loi bâtit et conforme en les rassemblant les coutumes humaines.

De ce que nous venons de dire, il faut conclure que toute société n’est pas politique au sens absolu du terme (sociétés infra politiques ou coutumières), mais que toute société tend naturellement vers le politique et se parachève lorsqu’elle y pénètre.

La Polis[12], définie comme étant le chef-d’œuvre du projet, de l’Art politiques, doit donc être entendue comme l’unité maximale tendant à ordonner le genre humain ;  nec plus ultra social, l’unité étant reproduite dans la pluralité et rien ne pouvant  dépasser l’unité qualitativement. On ne dit pas qu’il n’y a pas de mauvaise Polis – d’ailleurs, on a déjà affirmé le contraire –,  on rappelle néanmoins qu’une politique qui ignore cette perspective est de facto une fausse politique.

Génie de la Constitution Mixte

Revenons sur la maxime de Blythe : « rarement, sinon jamais, y eut-il de gouvernement absolu en principe ». Nous ne doutons pas du fait que d’autres ont pu le faire avant lui, mais Blythe est le premier auteur que nous lûmes, et qui nous donna l’impression de comprendre l’antique conception hellénique de la Polis, telle qu’elle inspira l’essor du projet politique européen jusqu’à aujourd’hui, sans qu’il dut pour cela porter les œillères de l’idéologie des Lumières, qu’on présente pourtant comme étant le courant inspiré  par la juste connaissance des Polis grecque et latine. C’est qu’ailleurs qu’en France, il y a sans doute moins de chiens de garde.

On enseigne aux petits écoliers de France qu’il y avait la monarchie, que ce n’était pas bien, et qu’il y eut la République, qui n’était pas parfaite mais qui tendait au bien. Et pour que toute cette plâtrée d’os sans moelle demeure digeste ou crédible, on enseigne tout cela avec une partialité devenue légendaire[13]. La République est, en France, un pouvoir tricentenaire qui fonde son projet, sa Polis, sur la dénonciation de l’oppression et la refonte permanente des institutions visant à annihiler l’unité directrice au profit d’une croyance en la possible identité du Nombre et de la Souveraineté. Or, le Nombre n’est qu’une unité dans l’abstrait : c’est même un non-sens politique. C’est pourquoi on doit lui préférer le terme d’indéfinité numérique, quand il s’agit d’évoquer le mythe auquel réfère tout démocrate absolu, qui s’insurge sitôt qu’il réalise qu’il n’y a pas de gouvernement absolu en principe. Le pouvoir est nécessairement exercé par une partie de la Polis, constituée en unité, qui ne saurait dépendre du vouloir de l’indéfinité numérale, en ce sens où la somme des vouloirs que constitue le Nombre procède par addition et non par synthèse :

illustration 1

De sorte, la République n’est pas une république pour la raison élémentaire, lexicale, historique, philosophique, qu’on a voulu faire d’une notion relative un Tout exclusif. Afin d’y parvenir, on a binarisé l’individu – fondé naturellement à saisir, sans y participer nécessairement et directement, le sens du politique –, à coup de guerres et de guillotine ; il a fallu purger le bon sens, le « sang impur » encore en mesure de comprendre, dès l’avènement victorieux du nationalisme républicain qui est le moteur véritable de la Révolution Française, que les « idées » humanistes et universelles posées comme fondement du « Nouveau Pouvoir » étaient une contrefaçon, tant du passé antique dont on les réclamait que d’un présent émancipateur dont les issues sanglantes et intransigeantes démontraient à elles seules l’inanité charismatique. Et malgré la purge, c’est un travail continu depuis plus de deux siècles, à coups de cosmétique médiatique et « sondagière », qui consiste à tenir le fantasme brûlant dans le cœur d’un Peuple, indéfiniment numérique et divisé sans cesse, duquel on retranche arbitrairement chaque siècle les quelques poignées d’âmes sentant le mauvais vent venir. Liberté de pacotille, identité de la personne toujours scindée par l’illusion d’un pouvoir que la nature lui refuse, mais que des hommes malveillants soutiennent, divisant, pour mieux régner.

Une démocratie absolue est une monstruosité ; mais rien ne fait d’elle un mauvais régime. Nous ne sommes pas antidémocrate, nous savons seulement que le Régime Nouveau n’est point un régime absolu.

Polybe, un auteur que Blythe rappelle à notre mémoire, discernait trois formes de régimes : la démocratie, l’aristocratie, la monarchie. Rien de nouveau. Ce qui distingue Polybe de ses prédécesseurs, c’est « la théorie du cycle des constitutions et la mise au point de l’idée de poids et contrepoids.[14] » « Dans le livre VI des Histoires, où Polybe esquisse sa théorie, il propose la classification sextuple courante des constitutions et il affirme que la meilleure est celle qui combine les trois composantes[15] » .

La théorie de Polybe

Voici le récit et la théorie de Polybe :

« Comme il arrive chez les autres animaux, dès le moment que ces humains commencent à se grouper – car il est naturel, étant donné leur débilité physique, qu’ils se rassemblent eux aussi en troupeaux -, et il est inévitable que celui qui l’emporte sur les autres par la vigueur du corps et par la hardiesse de l’âme prenne la tête du groupe et impose son autorité (…) là où l’autorité n’a pas d’autre limite que la force, on peut parler d’autocratie. Puis lorsque, avec le temps, la sociabilité et le sens de la solidarité se développent, la royauté fait son apparition, tandis que la notion du bien et celle du juste, ainsi que les notions contraires, commencent à se former dans les esprits (…) Ainsi, insensiblement, le despote se transforme en roi, à mesure que la raison supplante l’humeur et la force dans l’exercice de la souveraineté (…) Car ce ne sont pas seulement les premiers détenteurs de cette fonction qui sont maintenus dans leurs pouvoirs par la masse de leurs sujets, mais aussi leur descendance, car on considère que ceux qui sont du même sans et qui ont été élevés par eux resteront fidèles aux mêmes maximes.

(…) Puis vinrent les rois qui avaient, par le droit de naissance, succédé à leurs pères. Ils régnaient sur des peuples qui jouissaient désormais de la sécurité et de ressources matérielles plus que suffisantes. Alors, voyant cette surabondance, ils cédèrent à leurs appétits et se mirent en tête que les dirigeants devaient se distinguer des autres par l’habit, que leur table devait être servie autrement et offrir des mets plus variés, que tout leur était permis pour satisfaire leurs désirs amoureux, fut-ce en bravant la décence. Une telle conduite suscitait, ici l’envie ou la réprobation, là la haine et la colère, et c’est ainsi que la royauté se changeait en despotisme, tandis que le régime commençait à être ébranlé par les conspirations formées contre le prince. Et ce n’étaient pas les gens de basse classe qui complotaient ainsi, mais les hommes les mieux nés, les plus valeureux et les plus audacieux, car c’étaient ceux-là qui supportaient le plus mal les abus du pouvoir. (…) Les régime monarchique et autocratique était alors détruit de fond en comble et un gouvernement aristocratique s’instaurait. (…) puis les enfants de ces hommes héritaient les pouvoirs de leurs pères et, n’ayant aucune expérience de l’adversité, aucune idée de ce que sont l’égalité civile et la liberté de parole, pour avoir été élevés dès leur naissance parmi les honneurs et les privilèges paternels, ils s’abandonnaient les uns à des convoitises et à un amour de l’argent contraires à toute équité, les autres à l’ivrognerie et à tous les débordements qui vont avec elle, allant dans certains cas jusqu’à violer les femfemmes enlever les jeunes garçons. C’est ainsi qu’ils changeaient l’aristocratie en oligarchie et répandaient à nouveau dans le peuple des sentiments semblables à ceux dont il a été question plus haut. Par suite, ils connaissaient aussi, comme les despotes avant eux, une fin désastreuse. (…)

Finalement, après avoir massacré ou exilé les gouvernants, les citoyens ne se risquent pas à rétablir la royauté, car la crainte de voir réapparaître les abus d’antan est encore vivante. Ils n’osent pas non plus confier le gouvernement à un groupe, car les égarements d’hier hantent tous les esprits. Ne pouvant donc plus compter que sur eux-mêmes, ils tirent les conséquences de l’expérience passée en remplaçant la constitution oligarchique par un gouvernement démocratique et en se chargeant eux-mêmes de mener les affaires de l’État. (…) Mais lorsque monte une nouvelle génération et que le gouvernement démocratique passe aux mains des petits-fils des instaurateurs de ce régime, l’accoutumance fait qu’on attache plus autant de prix à ces droits. On s’efforce au contraire d’empiéter sur la part des autres. Ce sont les possédants qui tombent le plus dans ces travers. Ils se mettent à convoiter le pouvoir et, s’ils ne peuvent l’obtenir par eux-mêmes et grâce à leur mérite, ils dilapident leurs fortunes, car tous les moyens sont bons pour suborner et corrompre les gens du peuple. Dès lors que, poussés par cette soif insensée d’honneurs, on a rendu le peuple vénal et avide de largesses, c’est est fait de la démocratie. (…) Le peuple ameuté massacre, exile, décrété le partage des terres, cela jusqu’au moment où, s’étant ravalé au rang de bête féroce, il se trouve à nouveau placé sous l’autorité d’un maître qui gouverne en despote.

Tel est le cycle des constitutions; tel est l’enchaînement naturel par lequel les régimes se transforment puis sont remplacés par d’autres, jusqu’à ce qu’on en revienne au point de départ. Une fois qu’on a clairement discerné cela, on peut sans doute, si l’on émet une prédiction au sujet de l’avenir de tel régime, se tromper dans l’évaluation du temps, mais pour ce qui est de déterminer à quel stade de sa croissance ou de sa décadence il se trouve et ce à quoi aboutira la prochaine révolution, on ne risque guère de faire erreur, à condition de juger sans passion et sans animosité.

illustration 2

(…) Nous allons maintenant dire quelques mots sur la constitution de Lycurgue (…) Il réfléchit qu’une forme de gouvernement appartenant à un type simple et fondé sur un principe unique ne pouvait qu’être instable, du fait qu’il devait bientôt tomber dans les travers qui lui sont propres et qui découlent de sa nature même. De même que pour le fer, la rouille, et pour le bois, les vers et les tarets sont des fléaux consubstantiels, sous l’action desquels ces matières, fussent-elles protégées contre tous les agents destructeurs externes, subissent une dégradation sont la cause se trouve en elles, tout de même les constitutions, de par leur nature, sont minées chacune par un mal congénital dont elles ne peuvent se défaire. Pour la royauté, c’est la tendance au despotisme; pour l’aristocratie, la tendance à l’oligarchie, et pour la démocratie, la tendance à recourir aux voies de faits et à la force brutale. Et il est inévitable qu’avec le temps chacun de ces régimes subisse une dégradation dans ce sens. C’est pourquoi, conscient de ce danger, Lycurgue a conçu une constitution qui, au lieu d’être simple et homogène, combinait en elle toutes les qualités et toutes les particularités propres aux meilleurs systèmes de gouvernement (…), l’action de chacun étant contrebalancée par l’action des autres, aucun ne pourrait déséquilibrer l’ensemble en pesant trop fortement d’un côté, et le système, ainsi constitué d’éléments se faisant contrepoids, devait se maintenir longtemps sans risquer de chavirer.[16] »

Mixité des régimes et optimum politique

Celui qui tient pour réalité historique la succession des régimes monarchiques, puis républicain, vit dans le mensonge. Trois siècles de « République » ont vu se succéder une série d’expériences combinatoires de régimes qui laissent entrevoir à quel point ce « régime »-là n’a de vice que tout ce qu’il se prétend en vertu, politiquement s’entend. Si l’on s’en tient à sa définition de base, des plus générales en somme, de « chose publique », on doit le considérer en effet comme la première tentative historique de politeia tragique : l’ordre soumis à l’entreprise publique, la Polis définissant l’unité de l’indéfinité numérique par le souci primordial, non de la Personne, mais du Nombre ; l’urbanisme répartiteur et organisateur des zones tel que chacun arrive ; la loi fédérative de concepts légaux avalisant la coutume majeure. République, ou terrain neutre. Perte d’identité au demeurant, inéluctable perte puisqu’à faire de la question du rassemblement universel un terrain de conquête permanente, il devait s’ensuivre nécessairement que les guerres dont la Polis était censée prémunir l’Homme, advinrent comme la Règle nouvelle au sein même du Royaume des hommes.

Il faut donc aller plus loin que Polybe encore et considérer non plus que la mixité des régimes conduit à la perfection politique mais que, parfaite ou imparfaite, il n’existe aucune entreprise politique qui ne fut soumise à une permanente mixité. Aujourd’hui encore, en la Personne comme en Polis, il y a toujours eu et de tous temps, simultanément, une monarchie, une aristocratie et une démocratie qui ont gouverné les hommes. Nous sommes notre propre monarque, en même temps que nous savons tous qu’autour de nous, il y a des hommes meilleurs que nous allons consulter pour telle ou telle question, parce qu’ils sont ceux qui savent, indubitablement, répondre à la question posée ; enfin, nous savons suivre la règle du Nombre, quand dans une situation donnée, la foule entreprend de faire ce qu’il faut pour répondre à une situation pour laquelle, seul, nous n’aurions rien eu à répondre. A contrario, nous apprenons avec le temps à nous méfier de nous-mêmes et de nos tendances égoïstes, et à nous défier de ceux dont on s’enquiert un peu trop souvent, réalisant le plaisir et le profit qu’ils finissent par tirer d’une situation d’où ne sort pas toujours la réponse qu’on souhaitait. Et l’on apprend également à abhorrer la foule quand elle devient une sorte de troupeau, idiote et sauvage, passionnée, capable des plus grands outrages et des folies les plus irréparables. Classification sextuple des constitutions en peu de phrases, accessible à tous par empirisme : « La politique pour les nuls ».

Peu de phrases qui mériteront assurément le reproche d’une généralité empirique par trop peu rationnelle. On en prendra son parti : c’est la plus grande preuve de respect que nous pouvons porter à la notion de Personne, dans la mesure où cette dernière est tout autant projet historique que la Polis.

Non pas qu’elle soit relative, loin s’en faut : ce serait même la mort de notre prophétie que de faire de l’échelle politique, la Personne, une notion relative ; l’une reproduisant l’Unité de l’autre, on apprendrait rien d’autre en lisant ces lignes qu’un regard de plus parmi les autres regards, rien qui ne fut universel et en mesure de faire croître le domaine humain en lui-même.

l’Homme naît en Polis et Polis est en l’Homme

Mais l’Homme naît en Polis et Polis est en l’Homme. La frontière entre l’un et l’autre, nous l’avons dit – du moins, nous l’avons écrit –, n’est pas. Parlant des choses du dedans, on parle des choses du dehors ; évoquant le ressenti, on se fait le symbole des choses innombrables qui font le dehors constitutif de l’unité intérieure, celle-là même qui crée la nécessité, la réalité de la Polis. On ne souhaite pas faire admettre que ce que nous disons est vrai ; ce serait trop peu exiger. On veut au minimum faire sentir que rien ne peut être pensé au-delà et faire abandonner aux individus cette propension à confondre Liberté et absence de limites. A force de se défier de ces questions-là, on sombre malgré soi dans l’ignorance libérale en face de laquelle on ne connaît pas d’ignorance plus grande et plus durable. Parce que d’une erreur définie, on peut tirer des conséquences définies. Le nazisme, par exemple, qui fera dire : « Voici la vérité », peut être décliné subséquemment et être analysé positivement comme une erreur. Mais l’erreur libérale, qui consiste à faire penser que la Vérité est une erreur et poser cette certitude comme axiome politique, se reproduira indéfiniment sans jamais pouvoir être contredite. On accordera sans doute un article à ces questions.

On n’accède pas au politique avec les tripes : c’est tout le corps qui est requis. On a trop dormi ces derniers temps sur des concepts entendus : pour imaginer de nouveau, il faut sortir des images reçues parce que ces dernières nous fondent plus, bien plus que ce que nous sommes en mesure de fonder par nous-mêmes. Par-delà la logique, nous devons entreprendre cet effort d’iconoclasme dans la mesure où l’on parvient à comprendre que le penser et l’agir ne dépendent point seuls d’eux-mêmes, mais de l’élément libre qui entreprend de comprendre la mesure du penser et de l’agir. Parce que si l’on veut vraiment parler de Liberté, on est forcé d’admettre qu’il n’y a pas moins libre que celui qui se meut a contrario des règles qui lui sont propres.

A contrario des règles qui lui sont propres : dans le cadre d’une réflexion personnelle, c’est se souvenir que quelque soit la manière dont on l’aborde, on est inéluctablement cerné de règles ; vitales, mentales, sociales, intérieures, extérieures ; respiratoires, cardiaques, psychologiques, sexuelles, intellectuelles, sentimentales, réflexives ; a priori, a posteriori, par haine et par amour, en fonction du plaisir et de la douleur, par certitude et par labeur, pour tout ou rien, il n’y a d’agir libre dans l’absolu que dans la mesure où ce dernier se fonde sur une règle qui s’exprime absolument. Une expression qui ne passe pas seulement par la revendication à coups de cordes vocales : une expression visant, littéralement, à comprimer les règles et à les rassembler afin de permettre une unité de personne, suivant pragmatiquement la symbolique anatomique du corps et excluant comme elle la prééminence des articles au détail comme expression de la réalité ; le cœur bat, les poumons inspirent et expirent, le cerveau pense (?), le sexe compénètre, le mental ratiocine, les nerfs tiennent ou lâchent. Mais le corps, notre corps perdure et se fonde en unité sur ce qu’il respire, sur ce qu’il bat, sur l’idée parcourant les chairs indéfinies de cellules qui nous composent, paraît-il, raisonnablement perceptibles pour autant qu’on veuille se donner la peine de l’analyse, mais qui disparaissent en nombre chaque seconde au profit d’un je qui, parfaitement entendu, n’est point de l’ordre du fantasme, mais d’une réalité égocentrique source d’harmonie, pour autant qu’elle perçoit l’analogie de sa règle propre et de ces autres règles qui fondent l’univers.

Il n’est pas question de nombrilisme ni d’autosatisfaction, au contraire : faire du centre de la Personne un acte de synthèse fondé sur l’analogie universelle, c’est ouvrir la porte que le nombrilisme garde close. Tout homme qui parvient à ouvrir cette porte n’est pas nécessairement un grand penseur, mais il est toujours un homme libre. Cernés de règles, au moins jusqu’à la mort, limite suprême, incontestable, absolue chez les uns, franchissable selon d’autres, mais visible et perceptible, preuve ultime d’une liberté qui ne vaut que tant qu’elle est en mesure d’assumer et de connaître ses fins et son origine : l’homme libre, la Personne véritable échelle de la Polis, c’est cela. Je ne m’affranchis pas des règles, je les transcende. Et avant de pouvoir marcher sur l’eau, j’apprends à dominer l’univers : l’Unité est le premier des miracles.

Alors, non : la République n’existe pas. Ni le reste. Commençons par là, lecteurs, voulez-vous ? Faisons ainsi dans l’espoir d’être plus fort que l’Empire d’Images qui vous guide aujourd’hui peut-être. Un instant – qui ne durera pas, de toute façon –, faites plus sérieusement et plus profondément que Descartes l’exercice du mensonge universel. Faites comme si tout ce que vous saviez était mal rangé, mal nommé ; consentez un temps à appeler un chat un chien, à jeter le discrédit sur les mots que vous employez et faites-vous sages un moment, le temps de vous interroger sur ce qu’en personne, vous savez vraiment et assurément. La réponse est chez La Fontaine :

« – Rien. – Quoi ? Rien ?

    – Peu de choses.[17]»

Et nous, toujours humblement, de contredire Socrate : ce n’est pas d’ignorer tout qui fait que vous ne savez rien, mais d’ignorer les principes. Nous n’évoquons pas ceux sur lesquels on s’appuie jusqu’à ce qu’ils cèdent : les vrais principes sont, somme toute, les racines de la plante-raison que ce blog entreprend d’arroser d’une eau puisée à la fontaine de Jouvence.

[1] Ideal Government and the Mixed Constitution in the Middle Age, PUP, 1992. En français, Le Gouvernement Idéal et la Constitution Mixte au Moyen-Age, Cerf 2005.

[2] Terminologie inventée par Rem Koolhaas dans son ouvrage New York Délire, un manifeste rétroactif pour Manhattan, Éditions Parenthèses, 2008.

[3] Tite-Live, Ad Urbe Condita, Livre I, Chap.7

[4] Opposition établie ici encore par Rem Koolhaas, in La Ville Générique en 1994.

[5] Jos, IV-V.

[6] Décor fondé par l’évènement et non par besoin ; l’acte de Josué a véritablement valeur de synœcisme au sens principiel de cette locution, qui définit l’acte fondateur de la Polis. Les douze pierres  déposées en cercle déterminent l’enceinte du Peuple d’Israël, chaque pierre étant l’image d’une des douze tribus, elles-mêmes étant le reflet incarné d’un principe plus grand.

[7] Ouvrage de Vitruve, contemporain de l’Empereur Auguste. Extrait : « Quand on veut bâtir une ville, la première chose qu’il faut faire est de choisir un lieu sain. Or ce lieu doit être élevé. Il faut en outre qu’il ne soit pas sujet au brouillard, ni aux brumes, givres, et qu’il regarde vers de régions du ciel ni brûlantes ni froides, mais tempérées. » (I, 4)

[8] Auteur contemporain de Trajan, pour situer.

[9] De Limitibus Constituendis, Ed. C. Thullin, pp.131-132 Cette citation et celles de Vitruve, Aristote et Platon, sont extraites de l’ouvrage Rome Impériale et l’Urbanisme dans l’Antiquité par Léon Homo, Ed. Albin Michel, 1951.

[10] Et entre autre, cela semble assez évident dans le métier des Bâtisseurs de Cathédrales ; outre les connaissances architecturales, ce n’est peut-être pas par hasard, ou seulement pour « remplacer » les anciennes croyances, que Notre-Dame se situe exactement en place d’un temple jupitérien. D’où les bâtisseurs chrétiens tenaient-ils leur science ? Il faut soit considérer qu’ils l’ont inventé, soit suivre les fantasmagories usuelles des ésotéristes dévoyés, qui les envoient en Egypte ou ailleurs ; ou alors, envisager au sein même de l’Empire moribond et de la Chrétienté naissante, la conversion des sages des anciens cultes qui donnèrent, sans contrainte, leur assentiment à la religion nouvelle.

[11] Cadeau de l’auteur aux hommes férus d’œuvres mystérieuses : les géoglyphes de Nazca sont en fait les prémisses d’une ville qui n’a pas eu le temps de sa bâtir. Ne me remerciez pas.

[12] Pour éviter la confusion avec l’objet ville et son sens actuel, nous parlerons dorénavant de Polis quand on évoquera celle-ci.

[13] C’est-à-dire avec la même objectivité que n’importe quelle légende ; légende, du latin legenda ou « ce qu’il faut lire » ; « à ce propos, l’idée m’est venue de reprendre le manuel d’Histoire de Malet et Isaac, qui m’avait déjà passablement irrité quand j’étais en âge de l’étudier. J’ai constaté que mon irritation d’adolescent n’était pas injustifiée. Les manuels peuvent être d’excellents relais de désinformation (…) les montagnards ne laissent pas d’être critiqués par Malet et Isaac, d’un point de vue crypto-marxiste, on s’en doute: ils « ne voulaient pas d’une pression du Peuple sur l’Assemblé »; ils « répugnaient à l’intervention de l’Etat dans la vie économique »; bref, « ils étaient des bourgeois ». Cependant on trouvait parmi eux « des défenseurs sincères des classes pauvres, tels Robespierre et Saint-Just.

Le danger que les coalitions provoquées par la Convention faisait courir à la France est bien entendu monté en épingle. Il permettra d’excuser, si le besoin s’en fait sentir, les atrocités commise en Vendée. (…) les titres des paragraphes sont instructifs: « Premières mesures de salut public », « La Révolution en péril »: on capte la sympathie du lecteur. On va maintenant lui faire craindre le pire et en même temps discréditer les Vendéens comme alliés de l’étranger : « Toutes les frontières étaient forcées : les Anglais… Les Autrichiens… Les Prussiens… A l’intérieur, l’insurrection vendéenne progressait : les nobles, Charrette, La Rochejacquelein, en prenaient la direction et faisaient un grand soulèvement royaliste et catholique. Ailleurs aussi, les royalistes agissaient : ils soulevaient Lyon, puis Marseille, et allaient bientôt livrer Toulon à la flotte anglaise. » (Exploitation du patriotisme supposé du lecteur.) « A Paris, Marat fut assassiné par une jeune royaliste, Charlotte Corday. » (C’est faux : Charlotte Corday était républicaine.)

« A l’Assemblée, les contre-révolutionnaires semaient les soupçons, poussaient les députés aux mesures extrêmes pour les rendre impopulaires. » (Bref, ce sont les contre-révolutionnaires qui sont coupables de la Terreur. Joli.)

Le passage se termine par une interrogation digne d’un roman d’aventures : « Les montagnards réussiraient-ils à sauver la France et la Révolution ? »

La suite au prochain numéro. Et le reste à l’avenant. » (Vladimir Volkoff, Petite Histoire de la Désinformation, Ed. du Rocher 1999, pp 65-67)

[14] Le Gouvernement Idéal et la Constitution Mixte au Moyen-Age, Cerf 2005., p.55

[15] Idem, p.54. Nous cesserons dès lors de nous en référer à M. Blythe, d’autant que nous l’avons tellement mentionné que nous nous mettons à référer à lui lorsque lui-même se réfère à d’autres.

[16] Histoire, VI, II. 5-10 . Éd. Quarto Gallimard, 2003 pp 553 à 558

[17] Le Loup et le Chien.


Une réflexion sur “Où l’on propose des outils de réflexion vis-à-vis du politique, différents des « montesquieuseries » ordinairement servies aux repas de l’âme des banquets républicains.

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